La Task Force Entreprise : l'outil collaboratif de la LPE
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La Task Force Entreprise (TFE) est l'outil opérationnel des comités locaux pour le plein emploi, institués par la Loi Plein Emploi de 2023. La TFE réunit les acteurs du territoire pour simplifier la relation avec les entreprises, partager les portefeuilles de contacts et coordonner les actions de recrutement.
Qu'est-ce que la Task Force Entreprise ?
Promulguée en décembre 2023, la loi pour le plein emploi (LPE) vise à renforcer l’accompagnement des demandeurs d’emploi et des entreprises afin de favoriser l’insertion professionnelle et de répondre aux difficultés de recrutement. Pour y parvenir, elle instaure une nouvelle gouvernance (constituée d’un comité régional, de comités départementaux et de comités locaux). L’objectif est d’amorcer un décloisonnement institutionnel en installant une comitologie plus horizontale, propice au travail partenarial. Ce réseau, couplé à la transformation de Pôle Emploi en France Travail, et à un parcours rénové des usagers, pose les bases de la réforme.
Dans cette dynamique, les Task Force Entreprises (TFE) s’imposent comme l’outil principal dédié au monde économique. Présentes sur chaque comité local, elles sont l’outil organisationnel placé au cœur de la nouvelle gouvernance locale, chargé de décliner les orientations stratégiques du comité en actions opérationnelles auprès des entreprises. C’est le « bras armé opérationnel » des comités locaux. Par sa nature même, la TFE incarne donc l’esprit de la LPE : elle concrétise la fin du travail en silos au profit d’un partenariat renforcé, d’une coordination opérationnelle et d’une mutualisation des forces à l’échelle locale.
Qui compose la TFE ?
La TFE est animée par l’opérateur France Travail et réunit les professionnels et les structures ayant vocation à y siéger par leurs compétences directes en matière de développement économique, d’insertion et de relation avec les entreprises du territoire :
- Les conseilleurs France Travail Pro et les conseillers entreprises des Missions locales et de Cap emploi
- L'ingénierie des collectivités territoriales en matière de développement économique ou de relation à l’entreprise (Conseil départemental, EPCI)
- Selon les CLPE : des agents de la Région Nouvelle-Aquitaine, des représentants des chambres consulaires et de l’IAE
- Le cas échéant, d’autres professionnels dont les missions entrent dans le champ de la relation à l’entreprise (Club Les entreprises s’engagent, porteurs de PLIE, GEIQ…)
Comment fonctionne-t-elle concrètement ?
Le fonctionnement de la TFE consiste avant tout en un partage des carnets d’adresses et des portefeuilles d’entreprises des différents partenaires. Cette mise en commun des contacts stratégiques est le préalable indispensable pour croiser les données et bâtir une approche collective.
C’est à partir de ce partage initial que l’instance peut s’installer comme un outil de proximité agile et opérationnel. Dans les comités où la dynamique est suffisamment soutenue, les TFE se réunissent très régulièrement, souvent plusieurs fois par mois, et communiquent de manière quasi continue grâce aux outils mis à disposition par France Travail pour le compte de tous.
Pour ce faire, la plateforme collaborative Teams a été mise en place dans chaque TFE afin de permettre à tous les acteurs de faire circuler des informations et de communiquer rapidement en temps réel. Ce dispositif est complété par l’outil Campagne coordonnée, qui permet aux différentes structures d’organiser une prospection ciblée des entreprises dans le cadre d’un plan d’actions partagé. L’outil permet ainsi de se répartir les entreprises à prospecter et de capitaliser les informations.
Au-delà des outils, les actions de la TFE sont différentes selon les territoires : suivant les orientations stratégiques choisies, la TFE intervient sur toutes les actions, ou seulement sur certaines. Parfois, ses actions ne sont pas formalisées dans des fiches-actions à proprement parler, et sont donc réalisées en complément. Par ailleurs, dans certains départements, le périmètre de ses actions tend à s’élargir au-delà du seul prisme de l’emploi, pour englober des problématiques globales de formation et de mobilité par exemple (comme c’est le cas dans la Creuse notamment), tandis qu’ailleurs, l’action reste strictement centrée sur le recrutement.
Les facteurs-clés du bon fonctionnement de la TFE :
Une TFE efficace repose avant tout sur la construction d’un socle relationnel solide entre les partenaires du territoire. Le passage d’un fonctionnement en silos à une approche intégrée ne repose pas uniquement sur des outils techniques : la réussite de la TFE demande donc une forte interconnaissance entre les professionnels, indispensable pour comprendre les missions, les contraintes et les plus-values de chaque structure. C’est cette acculturation réciproque qui permet de développer une confiance mutuelle solide, condition sine qua non pour aborder sereinement le partage d’informations stratégiques et la mise en commun des portefeuilles d'entreprises.
Sur le plan managérial, l’instance requiert une réelle horizontalité dans les relations de travail. Ainsi, la mission d’animation est confiée à France Travail, mais les décisions et les orientations opérationnelles sont co-construites, ce qui facilite la répartition des responsabilités et renforce l’efficacité des actions.
Ce fonctionnement demande un travail conjoint régulier, où le décloisonnement des équipes permet de dépasser les habitudes propres à chaque structure au profit d’une dynamique collective, indispensable pour apporter une réponse unifiée et réactive aux besoins des employeurs locaux.