Cliquez ici pour fermer la fenêtre
Rechercher
Remonter en haut de la page
4. Ateliers 3 (1)

La coopération territoriale au service de la complexification des enjeux territoriaux

Charlotte Genet
Publié le 09/09/2026
Temps de lecture : 5 min
  • Partager
  • Partager sur facebook
  • Partager sur linkedin

Face aux transitions majeures traversant nos territoires – sociale, écologique, démocratique et économique –, la coopération entre acteurs d’un même territoire ou entre territoires apparaît aujourd’hui comme un moyen incontournable pour relever ces nombreux défis. Pour appuyer ces dynamiques en Nouvelle Aquitaine, PQN-A a rejoint le consortium Terres de Coop, qui regroupe les têtes de réseau de l’ESS à l’échelle régionale.

Définition de la coopération

Avant de rebondir sur les enjeux de la coopération territoriale, il convient dans un premier temps de définir ce que l’on entend par la coopération.

Selon l’Institut des Territoires Coopératifs, en se basant sur l’étymologie du mot, coopérer se définit par “être co-auteur d’une œuvre commune”.  En ce sens, elle diffère de la notion de collaboration, qui sous-entend de faire ensemble pour faire des choses. 

Selon Patrick Beauvillard (Co-fondateur de l’Institut des Territoires Coopératifs) , “on ne peut répondre durablement à un problème complexe qu’en associant l’ensemble des parties prenantes dans un processus de coopération “. Ce précepte est tout à fait adapté aux enjeux de développement territorial dans un contexte où les transitions citées en introduction appellent les territoires à adopter une approche systémique en invitant ses acteurs à appréhender chaque problème dans sa globalité en prenant en compte son environnement. 

La facilité ou non d’une organisation à coopérer dépend de plusieurs facteurs* 

  • Facteurs individuels : cela peut dépendre des individus qui composent cette organisation, à travers leur appétence pour la coopération mais aussi leurs compétences et leur savoir être (qui peuvent par ailleurs s’apprendre en testant la coopération)
  • Facteurs structurels : l’organisation interne d’une structure via ses méthodes de travail, sa gouvernance, ses missions peut favoriser ou non la coopération
  • Facteurs relationnels : pour que la coopération entre individus et entre structures opère, les relations interpersonnelles doivent être soignées grâce notamment à l’interconnaissance entre chacun. C’est par ces temps d’interconnaissance que la confiance pourra se créer. 
  • Facteurs sociaux :  les intentions à coopérer peuvent être influencées positivement ou négativement par les motivations sociales (image positive dans son groupe social ou à l’inverse crainte des représailles si l’individu refuse de coopérer). 
  • Facteurs contextuels : chaque coopération est différente car le contexte dans lequel elle évolue l’influence. L’historique d’un territoire ou de relations entre les individus ou une opportunité d’agir peuvent ainsi favoriser ou non la coopération. 

*Association Biovallée (2024), Coopération entre acteurs de l’économie sociale et solidaire et collectivités à l’échelle territoriale - Synthèse bibliographique de praticiens et de scientifiques, Pôle des savoirs et innovations, Association Biovallée, Coopérer pour la transition écologique et sociale.

La coopération au service du développement territorial

Le développement de chaque territoire impacte directement les sujets du quotidien : l’alimentation, les mobilités, l’éducation, l’économie, la santé et de nombreuses autres thématiques qui sont percutées par des tensions actuelles majeures : transition écologique, hausse des inégalités, crise de la démocratie, etc. Ce constat de complexité des enjeux à traiter sur chaque territoire ne permet pas à une seule organisation de développer toutes les ressources, tous les savoirs-faire pour y répondre. Chaque acteur doit donc trouver sa place dans les processus de résolution de problèmes en fonction de ses propres intérêts et de sa capacité à agir. La question ne devient plus nécessairement "comment mon organisation règle le problème" entraînant diverses actions et des efforts parfois importants (humains, temps passés, compétences, financiers) mais plutôt  "avec qui mon organisation pourrait régler le problème". Cette première phase de la coopération nécessite donc de s’ouvrir à son écosystème territorial pour identifier les forces en présence et les ressources disponibles pour “créer cette oeuvre commune” du projet de territoire afin de surmonter les défis actuels.

Pour transformer cette intention en actes, le dynamisme de l'ingénierie territoriale s'avère bien plus déterminant que les simples cadres administratifs existants (Contrats de Ville, CRTE, COT, etc.). Véritable catalyseur de coopération, cette ingénierie dédiée va au-delà de la gestion de projet : elle facilite activement l'interconnaissance, crée des espaces de dialogue sécurisés et tisse les liens de confiance indispensables à la résolution collective. Comme le soulignent Patrick et Anne Beauvillard, la coopération se joue souvent dans "l'invisible" et exige du temps humain pour animer ces dynamiques complexes. Aussi, comme le rappelle Kamel Dembri (directeur de l’association Coop’actions qui porte un Pôle Territoriale de Coopération Economique) “la coopération peut prendre du temps à court terme mais ça en fait gagner sur le long terme”. Investir dans cette fonction d'interface est une condition sine qua non pour transformer les intentions en projets concrets, permettant aux acteurs de mobiliser leurs ressources partagées de manière durable.

 

Avec leurs particularités et leurs points communs, les quartiers prioritaires de la politique de la ville et les territoires ruraux voient émerger de nombreuses dynamiques de coopération pour répondre à leurs enjeux. Pour renforcer ces initiatives, les territoires et leurs acteurs doivent s’appuyer sur le développement d’une culture de la coopération et le renforcement des liens et du dialogue entre les initiatives citoyennes, les institutions, les Entreprises de l’économie sociale et solidaire ou encore de l’économie dite conventionnelle.  

Selon l’Association de Promotion de la Fabrique des Transitions, on observe aujourd’hui 3 niveaux de relations entre les acteurs du monde économique (incluant les acteurs de l’ESS) et les collectivités territoriales : 

  • la délégation : la collectivité a une idée qu’elle ne peut mettre en oeuvre et elle cherche donc un acteur tiers pour la déléguer
  • le partenariat : chaque typologie d’acteurs porte ses propres actions qui répondent à un dessein commun pour le territoire
  • la coopération : construire une œuvre commune dans laquelle chacun a ses contraintes et objectifs mais participe à construire du commun.

Pour aboutir à ce troisième niveau, les acteurs doivent mieux appréhender les réalités de chacun, accepter le désaccord et ainsi monter en compétences sur les clés du succès d’une démarche de coopération territoriale multi-partenariale. 

Quelques illustrations de la coopération au quotidien

De très nombreuses initiatives se sont créées ici et là autour de formes nouvelles de coopération pour traiter les problématiques des transitions.  

  • Des citoyens souhaitent s’impliquer pour passer du statut de consommateurs à celui de consom’acteur (ex : AMAP, épiceries associatives, ressourceries, etc.)
  • Dans les Démarches Alimentaires de territoire, de nombreux exemples de coopération fleurissent pour répondre aux enjeux de l’installation/reprise agricole, de la précarité alimentaire (ex : ProxiDon, la plateforme qui facilite les dons entre commerces de proximité et acteurs de l’aide alimentaire, Papiole : plateforme logistique mutualisée)
  • La coopération progresse également dans les systèmes de gouvernance de l’économie sociale et solidaire (ex : SCOP, SCIC, …).

Terres de Coop, le consortium régional pour faire coopérer les acteurs publics, les acteurs de l’ESS et les entreprises de l’économie conventionnelle

Le champ de l’économie sociale et solidaire et ses acteurs sont des contributeurs importants aux défis des territoires, en proposant de nouvelles manières d’entreprendre, en s’appuyant sur un ancrage local et en ayant une visée d’utilité sociale dans leur activité. Pour cela, les têtes de réseau de l’ESS de Nouvelle-Aquitaine ont décidé de se réunir en consortium, Terres de Coop pour porter un projet qui vise à améliorer la capacité des territoires et des acteurs à coopérer pour répondre aux enjeux de transitions

Le consortium est composé des membres suivants : CRESS Nouvelle-Aquitaine - INAE Nouvelle-Aquitaine - Coopérative Tiers-Lieux - France Active Nouvelle-Aquitaine - ATIS - Pays et Quartiers de Nouvelle-Aquitaine (PQN-A)

Ce projet couvre la période janvier 2026 - décembre 2027. Il sera composé de différents temps à destination des acteurs du développement territorial, techniciens et élus, des acteurs de l’ESS et des acteurs de l’économie conventionnelle. A travers les enjeux auxquels se confrontent les acteurs de la revitalisation des centres villes et centres-bourg, de la politique de la ville et des démarches alimentaires de territoires, PQNA et les membres du consortium proposeront des webinaires, des visites sur site, des outils, des articles pour favoriser la coopération territoriale.

Les premiers rendez-vous collectifs sont proposés par  : 

  • ATIS : webinaire “ Coopérer, pourquoi pas vous ? ” : ces webinaires sont des espaces d’échange ouverts aux personnes, collectifs et structures qui s’interrogent sur la coopération. Que vous soyez novices ou déjà initié·es, l’objectif est de découvrir concrètement ce que coopérer implique. Conçus dans une démarche participative, ces rendez-vous privilégient la discussion autour des problématiques vécues, des besoins ou tout simplement de la curiosité des participant·es. 

Les deux prochaines sessions auront lieu les 17 septembre 2026 et 4 décembre 2026 - Inscriptions 

 

  • PQNA : Visite sur site: La coopération territoriale en faveur de l’installation agricole - le 3 novembre à Marsac sur l'Isle (24) 

 

 

2
Rue de centre ville
Vous souhaitez en savoir plus ?
Contactez-nous
Vous souhaitez contribuer ?
Proposez une ressource