Définition de la coopération
Avant de rebondir sur les enjeux de la coopération territoriale, il convient dans un premier temps de définir ce que l’on entend par la coopération.
Selon l’Institut des Territoires Coopératifs, en se basant sur l’étymologie du mot, coopérer se définit par “être co-auteur d’une œuvre commune”. En ce sens, elle diffère de la notion de collaboration, qui sous-entend de faire ensemble pour faire des choses.
Selon Patrick Beauvillard (Co-fondateur de l’Institut des Territoires Coopératifs) , “on ne peut répondre durablement à un problème complexe qu’en associant l’ensemble des parties prenantes dans un processus de coopération “. Ce précepte est tout à fait adapté aux enjeux de développement territorial dans un contexte où les transitions citées en introduction appellent les territoires à adopter une approche systémique en invitant ses acteurs à appréhender chaque problème dans sa globalité en prenant en compte son environnement.
La facilité ou non d’une organisation à coopérer dépend de plusieurs facteurs* :
- Facteurs individuels : cela peut dépendre des individus qui composent cette organisation, à travers leur appétence pour la coopération mais aussi leurs compétences et leur savoir être (qui peuvent par ailleurs s’apprendre en testant la coopération)
- Facteurs structurels : l’organisation interne d’une structure via ses méthodes de travail, sa gouvernance, ses missions peut favoriser ou non la coopération
- Facteurs relationnels : pour que la coopération entre individus et entre structures opère, les relations interpersonnelles doivent être soignées grâce notamment à l’interconnaissance entre chacun. C’est par ces temps d’interconnaissance que la confiance pourra se créer.
- Facteurs sociaux : les intentions à coopérer peuvent être influencées positivement ou négativement par les motivations sociales (image positive dans son groupe social ou à l’inverse crainte des représailles si l’individu refuse de coopérer).
- Facteurs contextuels : chaque coopération est différente car le contexte dans lequel elle évolue l’influence. L’historique d’un territoire ou de relations entre les individus ou une opportunité d’agir peuvent ainsi favoriser ou non la coopération.
*Association Biovallée (2024), Coopération entre acteurs de l’économie sociale et solidaire et collectivités à l’échelle territoriale - Synthèse bibliographique de praticiens et de scientifiques, Pôle des savoirs et innovations, Association Biovallée, Coopérer pour la transition écologique et sociale.