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Les inégalités face au départ en vacances des enfants et des jeunes : quel constat ? Quels dispositifs existants pour lutter contre ?

Publié le 01/04/2026
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En France, tout le monde ne part pas en vacances. Ou du moins, pas à la même fréquence et encore moins avec les mêmes moyens : 76 % des Français disposant de hauts revenus sont partis en vacances au cours des douze derniers mois en 2024, contre à peine 42 % des Français qui ont de faibles revenus. Il existe de fortes disparités sociales dans les départs en vacances des individus en fonction des revenus, des catégories socioprofessionnelles et des lieux de résidence des ménages. La crise sanitaire de la Covid-19 et les périodes de confinement ont considérablement renforcé ces inégalités d’accès et de départ en vacances. Depuis 2020, le dispositif des “Colos apprenantes” tente d’y remédier. Toutefois, en 2026, le dispositif a été supprimé, le fonds alloué n’ayant pas été reconduit dans le cadre du projet de loi de finances 2026. 

I. Quelques chiffres sur les départs en vacances et en séjour collectif des enfants et des jeunes

Entre 2020 et 2021, seuls 50% des jeunes de 5 à 19 ans sont partis en vacances, tandis qu’ils étaient 63% à partir avant la crise sanitaire. En 2023, 62% d’entre eux sont partis au moins une fois, chiffre qui se stabilise sur 2024. Cependant, la moitié des enfants d’ouvriers ou de personnes au foyer ne sont pas partis. On estime à 4,7 millions le nombre de jeunes de 5 à 19 ans qui ne sont pas du tout partis en vacances durant l’année 2023, soit 38% des 5 à 19 ans.

  • Les vacances des mineurs de 5 à 19 ans en famille
    Parmi les types de départ en vacances des 5-19 ans, on constate que les vacances avec les parents restent majoritaires : près de la moitié des enfants partis en vacances en 2023 sont partis uniquement avec leurs parents.
  • Les vacances des mineurs de 5 à 19 ans en séjour collectif
    En 2023, un tiers des 5-19 ans sont déjà partis en séjour collectif. Les vacances en séjour collectif sont particulièrement fréquentes chez les jeunes issus des milieux les plus aisés. Les 14-16 ans sont les plus nombreux à partir en séjour collectif, en proportion égale chez les filles et les garçons.

II. Retour sur le dispositif des “Colos apprenantes”

1. Présentation du dispositif

Le dispositif des Colos apprenantes a été créé avant l’été 2020, afin d’offrir aux enfants et aux jeunes le moyen de partir en vacances avec d’autres jeunes du même âge. Il s’agit ainsi d’une réponse apportée par le Gouvernement pour remédier à l’isolement réel de ces publics, de lutter contre le renforcement des inégalités de départ en vacances et de démocratiser l’accès à des séjours collectifs de qualité. Les Colos apprenantes constituent l’un des dispositifs d’accompagnement de l’opération “vacances apprenantes”.

Les “Colos apprenantes” constituent un dispositif financier par lequel l’Etat soutient les établissements porteurs (prescripteurs ou organisateurs) de séjours de vacances qui répondent au cahier des charges établi et qui accueillent différents types de public éligible sur critères sociaux. Ces établissements se voient délivrer une labellisation “Colos apprenantes” s’ils répondent aux conditions posées par l'État, qui leur permettent de recevoir une subvention.

Sont ainsi éligibles au dispositif “Colos apprenantes” : 

  • Les enfants et les jeunes de moins de 18 ans en situation de handicap ;
  • Les enfants et les jeunes de moins de 18 ans relevant de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) ;
  • Les enfants et les jeunes de moins de 18 ans résidant dans un quartier politique de la ville (QPV) ou dans une zone de revitalisation rurale (ZRR) ;
  • Les enfants et les jeunes de moins de 18 ans, ne relevant pas de l’une de ces catégories mais étant rattachés à une famille au quotient familial inférieur ou égal à 1500 euros.

Par ailleurs, tous les séjours organisés ne sont pas éligibles au dispositif. Ceux-ci doivent répondre à certaines autres conditions, telles que le fait de se dérouler sur une durée minimum de quatre nuitées, sur le territoire national ou dans un pays frontalier.

Il est financé par l'Etat, les collectivités territoriales et les comités  d’entreprises.

2. Les objectifs du dispositif

  • L’ouverture sociale

Le dispositif privilégie l’accès aux séjours collectifs aux enfants et aux jeunes de milieux défavorisés en conditionnant l’obtention de la labellisation “Colos apprenantes” par l’organisme à la sélection des enfants sur la base de critères sociaux. Cela permet notamment de promouvoir la mixité sociale des enfants et des jeunes et de favoriser les rencontres entre pairs de milieu social différent.

  • Le développement éducatif

La labellisation “Colos apprenantes” est gage de qualité éducative dans les activités organisées, permettant aux enfants et aux jeunes l’acquisition de connaissances et de compétences adaptées à leur niveau.

  • L’ouverture culturelle 

Les séjours réalisés permettent aux enfants et aux jeunes accueillis de découvrir de nouveaux territoires et d’explorer la pratique d’activités qu’ils n’ont pas l’habitude de pouvoir réaliser dans leur quotidien. Par ailleurs, les séjours veillent à transmettre des notions et des valeurs communes de respect, de partage et d’apprentissage de la vie en collectivité.

3. Bilan du dispositif

L’observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes (OVLEJ) et la DJEPVA se sont associés à partir de 2020 afin de dresser le bilan du dispositif des “Colos apprenantes” et de mesurer ses effets sur le départ en vacances des jeunes et des enfants.

Entre 2020 et 2023, le dispositif des Colos apprenantes a touché un grand nombre d’enfants primo partants en séjour collectif. En effet , en 2023, 45% des enfants sont primo partants et 64% des enfants ne sont venus qu’en 2023 et pas les autres années. En 2024, le dispositif des Colos apprenantes a permis le départ de 80 000 mineurs.


Les facteurs d’inscription en séjour collectif sont les suivants : 

  • Volonté de faire partir son enfant avec d’autres enfants ;
  • La connaissance de l’équipe et de l’organisme ;
  • Raison financière.

Les freins au départ en séjours collectifs sont : 

  • Le manque de moyens financiers (57% des répondants) ;
  • Le souhait de l’enfant de rester à la maison (27%, soit un quart des répondants) ;
  • L’inquiétude pour la sécurité des enfants constitue un motif fréquent expliquant la non inscription ;
  • L’âge de l’enfant entre en jeu dans le choix de ne pas inscrire son enfant en séjour collectif.

On constate par ailleurs en 2023 une opinion davantage négative des répondants sur les séjours collectifs, opinion concentrée au sein des milieux les plus défavorisés.

Les sources d’inscription majoritaires pour les enfants en QPV sont la mairie et les associations de la ville.
On constate par ailleurs qu’en 2020, l’école est dans 13% des cas une source d’inscription, mais qu’en 2023 elle ne figure pas parmi les sources d’inscription.

Les effets du dispositif sur les enfants et les jeunes sont les suivants : 

  • Apprendre à vivre en collectivité (53% des répondants en 2023) ;
  • Acquérir de l’autonomie et des responsabilités (45% des répondants en 2023) ;
  • Apprendre à partir sans ses parents (40% des répondants en 2023).

Le niveau de satisfaction des familles s’élève à plus de 80% en 2023, tandis qu’il s’élevait à 90% en 2020. En 2023, la catégorie “non renseignée” a augmenté, ce qui peut en partie expliquer cette baisse du niveau de satisfaction par rapport à 2020. En 2023, 95% des enfants déclarent qu’ils ont envie de repartir.

Ces chiffres et éléments de bilan ont été tirés de plusieurs études et documents : 

En 2025, le label des “Colos apprenantes” était financé par l’Etat à hauteur de 36,6 millions d’euros. L’arrêt soudain des financements début 2026 par l’Etat a eu un impact sur les structures organisatrices de séjours collectifs. En effet, le dispositif des “Colos apprenantes” n’a pas été reconduit en 2026 par l’Etat dans le cadre de la Loi de Finances adoptée dans sa version finale, aucune enveloppe budgétaire n’ayant été finalement  allouée à ce programme. 

III. Quelles sont les autres aides et dispositifs financiers à mobiliser pour favoriser l’accès des enfants et des jeunes au départ en vacances ?

Il existe toujours d’autres aides financières mobilisables, telles que :

  • Aides CSE : Les Comités Sociaux et Économiques (CSE) peuvent attribuer une participation financière pour réduire le coût des séjours, selon les accords de l’entreprise.
  • Aides Mairies : De nombreuses communes proposent des aides locales ou des bourses vacances pour soutenir les familles.
  • Aides CAF/AVE (Aides aux Vacances Enfants) : La CAF ou l’AVE peuvent compléter le financement grâce à des dispositifs tels que les bons vacances ou les aides aux temps libres.
  • Bourses Jeunesse au Plein Air (JPA) : attribue des aides financières pour le départ en colonie de vacances.
  • Aides sociales : sur présentation de justificatifs et sous réserve d'accord avec les différents organismes.
  • Aide de certains Conseils Départementaux

@Association ODEL

Je clique ici pour consulter les autres aides financières existantes

Par ailleurs, en réponse et pour compenser le coup d’arrêt annoncé par l’Etat en début d’année 2026, la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF) a mobilisé 20 millions de fonds non utilisés. Cependant, ce dispositif national ne s’adresse qu’aux enfants allocataires CAF.

Le Pass Colo, un dispositif récent mis en place en 2024

Le dispositif “Pass Colo” est un dispositif financier créé par l’Etat dans le cadre du Pacte des solidarités en 2024. Il s’adresse à une tranche d’âge spécifique, les enfants âgés de 11 ans durant l’année civile dont les familles ont un quotient familial inférieur ou égal à 1500 euros. Le Pass Colo permet à ces enfants de partir en colonie de vacances grâce à une aide financière allant de 200 euros à 350 euros, versée directement à l’organisateur du séjour selon le principe de fonctionnement du tiers payant. En 2024, le pass colo a bénéficié à 15 425 enfants. Cette aide financière pouvait être cumulée avec celle du dispositif “colos apprenantes”.

Entre septembre 2024 et juin 2025, l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) a conduit une évaluation du Pass Colo, construite sur une double approche quantitative et qualitative. Cette évaluation avait pour objectif de “documenter la mise en œuvre du dispositif, d’analyser son adéquation aux besoins des familles et d’identifier ses premiers effets.” 

“Le rapport met en évidence les inégalités persistantes dans le départ en vacances et en colonie de vacances, auxquelles font face les familles. Concernant le dispositif plus précisément, il souligne la satisfaction élevée des familles recourant au Pass colo malgré un recours et un impact limités sur les départs lors de cette première année de mise en œuvre. Il souligne également le déficit de connaissance du dispositif par les ménages concernés et le besoin de relais par les acteurs de proximité, tout en identifiant des marges de progression pour l’avenir.” 

INJEP, Evaluation 2025 du Pass Colo
Je découvre l’évaluation du Pass Colo réalisé par l’INJEP

IV. Ressources

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