En quoi consiste la Nappe ?
La Nappe est un restaurant éphémère et solidaire porté par l’association Crisalim. Ephémère, car il s’installe dans un lieu le temps d’un repas. Solidaire, car ce repas est gratuit pour les convives. Comme dans un vrai restaurant, les tables sont dressées et décorées, un menu est présenté aux convives, l’entrée, le plat et le dessert sont pensés et préparés par une cheffe, et les plats sont servis à table. L’initiative, née en 2020 durant la crise du Covid-19, est proposée une fois par mois aux étudiants de l’université Paris 8, et quatre fois par an aux salariés en insertion de la Régie des quartiers de Saint-Ouen.
A qui ça s’adresse ces repas ?
Pensée à l’origine pour les étudiants, la Nappe a élargi son spectre. Elle s’installe aujourd’hui dans d’autres lieux fréquentés par des personnes en situation de précarité : des centres sociaux, des associations de quartier comme la Régie des quartiers de Saint-Ouen, ou encore des fermes urbaines dans des quartiers prioritaires de la politique de la Ville. Ce sont ces structures qui mobilisent les publics et leurs présentent le principe du restaurant.
A Paris 8, la Nappe est dressée en parallèle de la distribution alimentaire organisée par l’association Linkee. Crisalim profite de la file d’attente pour parler avec les étudiants et les inviter à venir profiter d’un repas digne d’un restaurant tout en étant gratuit.
Comment ça marche ?
Pour installer une Nappe, Crisalim a besoin d’un lieu assez grand pour accueillir 30 à 50 personnes, équipé de tables et de chaises, et disposant d’un point d’eau autre que des toilettes. Si besoin, l’association peut apporter tout l’équipement nécessaire pour cuisiner (four, plaques de cuisson, ustensiles, casseroles). Elle fournit également des assiettes, des couverts et de quoi décorer les tables. Les menus, réfléchis par des cheffes - ce sont surtout des femmes - doivent utiliser des produits locaux, être de saison et végétariens. “Sur ce dernier point, nous avons fait ce choix pour des raisons religieuses, financières, écologiques et d’hygiène”, explique Marie Cavaniol, coordinatrice de Crisalim.
Les menus, composés d’une entrée, d’un plat et d’un dessert, doivent coûter moins de 5 € par tête. Crisalim y parvient en se fournissant auprès de La Fourche, un supermarché bio en ligne qui se présente comme “jusqu’à 50 % moins cher” que les autres enseignes bio. “Aucun produit ne vient de la Banque alimentaire, de dons ou de fins de marché car avec un menu pensé à l’avance, nous avons besoin d’ingrédients précis, indique Marie Cavaniol. Il y a aussi une question de quantités étant donné que nous cuisinons pour 30 à 50 personnes. Enfin, passer par La Fourche nous prend beaucoup moins de temps que de faire des fins de marché ou d’aller à une distribution de la Banque alimentaire.”
Comment se déroule une Nappe ?
Une Nappe de 50 personnes nécessite deux à trois salariés de Crisalim, une cheffe, et six à huit bénévoles recrutés parmi d’anciens convives ou sur la plateforme de bénévolat Komeet (ex-Vendredi). Le jour J, l’équipe cuisine, prépare la salle, assure l’accueil et le service. Le rôle des bénévoles est aussi de passer du temps à table pour engager la conversation entre les convives qui, le plus souvent, ne se connaissent pas.
Combien ça coûte ?
Le repas de la Nappe est entièrement gratuit pour les convives. “Il coûte moins de 5 € par tête en termes de denrées, mais cela ne prend pas en compte nos charges salariales et le bénévolat qui pourrait être valorisé”, souligne Marie Cavaniol. Certains lieux arrivent à contribuer, partiellement voire totalement, mais l’action est surtout financée grâce à des appels à projets de la Politique de la Ville, des subventions publiques et des dons privés ou de fondations.
Quels avantages ?
Le premier objectif de la Nappe est de lutter contre le risque d’isolement de personnes en situation de précarité, et leur faire découvrir des goûts et des saveurs. “Il n’y a pas forcément de visée éducative, reconnaît la coordinatrice de Crisalim. Nous voulons avant tout créer un moment extraordinaire en proposant un repas sain et savoureux, pensé et préparé par des cheffes et des cuisiniers bénévoles.”
Financements
En 2025 :
- Département de Seine-Saint-Denis
- Etablissement Public Territorial Plaine Commune
- Ville de Saint-Denis
- Université Paris 8
- L’Etat via la Politique de la Ville (Plaine Commune)
- Fonds de dotation La Poule Rousse (privé)
En 2026 :
- Renouvellement des mêmes financeurs publics qu’en 2025 (sous réserve)
- Fondation Abeille Assurances
- Fonds de dotation Ambition Saint-Denis
- Fondation Batigere
Plus d’informations
Damien Roussat, directeur de Crisalim
09 53 07 57 55