Dans le cadre d'une journée consacrée aux alliances éducatives qui s'est tenue le 23 janvier 2026 à Bordeaux et qui a réuni plus d’une centaine d’acteurs de l’éducation dans la politique de la ville de la région Nouvelle-Aquitaine, nous avons organisé une table ronde entre plusieurs acteurs :
- Marie Pascale Guyon, enseignante et consultante sur les questions éducatives en QPV dans le champ de l'intervention sociale
- Jérôme Graciet, directeur du groupe scolaire Charles Malégarie, à Bayonne (64)
- Estelle Péricard, directrice Égalités, jeunesse et vie associative à la Communauté d'Agglomération de Grand Châtellerault (86)
- Marie Horreau, directrice de l'Éducation à la Ville de Châtellerault (86)
- Ciahm et Franck, deux parents d’élèves de Lormont, accompagnés par Marine Londechamp, chargée de mission parentalité à la Ville de Lormont (33)
Voici les neufs points clés à retenir sur les alliances éducatives, approfondis dans cet article :
- La coéducation en évolution vers une approche globale des enjeux éducatifs : elle repose sur l'interaction de cinq sphères de vie de l’enfant/jeune (école, famille, tiers-lieux éducatifs, quartier et virtualité) pour assurer une continuité éducative autour de l'enfant.
- La fluidité des transitions : pour les professionnels, l'enjeu majeur réside dans la communication et la gestion des passages entre les différents temps de vie (scolaire, périscolaire, familial).
- La création de marges de manœuvre : soutenir la coéducation nécessite de dégager du temps institutionnel pour permettre aux agents et enseignants de participer activement à des espaces de co-construction.
- Le processus de maturation des alliances : la coopération se construit à travers différents modes de faire et différentes postures, allant de l'interconnaissance et du diagnostic partagé à l'instauration de relations horizontales. Elle se construit à partir d’un sentiment d'appartenance à la communauté éducative.
- L'intégration territoriale des projets : les alliances opérantes s'appuient sur des démarches et dispositifs structurants (Cités éducatives, PRE, contrats de ville, CTG, PEDT, projet de territoire) pour ancrer les actions de coopération dans la durée.
- La vision « capacitaire » des familles : une posture professionnelle commune est essentielle pour ne plus percevoir les parents seulement sous le prisme de leurs lacunes et difficultés parentales, mais pour reconnaître pleinement leur expertise et leur place au sein de la communauté éducative.
- La figure du “médiateur” pour les familles : les parents valorisent l'existence d'un interlocuteur unique et accessible (médiateur, éducateur) pour faciliter le lien avec des institutions parfois perçues comme complexes.
- L'adaptation des modes de coopération : pour inclure réellement les parents, l'institution doit « aller vers » ces derniers en privilégiant les formats conviviaux et des temps d’immersion (portes ouvertes, classes ouvertes) plutôt que des temps de réunions formelles.
- L'interprofessionnalité comme méthode : la mise en commun des expertises de différents métiers (enseignants, animateurs, travailleurs sociaux) permet de sortir des silos, d'harmoniser les pratiques territoriales et de mettre en œuvre la complémentarité des compétences. La formation inter-acteurs est l’un des moyens employés pour faire émerger une culture commune. La mise en place de formations partagées sur des thématiques transversales est un levier essentiel pour développer un langage commun et une vision systémique de l'enfant.