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Webinaire nutrition 1

Retour sur le webinaire #1 - Alimentation, activités physiques et sédentarité : pourquoi agir sur mon territoire ?

Vincent Terny, Charlotte Genet
Publié le 04/05/2026
Temps de lecture : 12 min
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Ce webinaire, organisé le 22 avril 2026, constitue le premier temps du cycle d’accompagnement organisé par PQNA auprès des collectivités territoriales en matière de nutrition-santé (comprenant alimentation, activités physiques et sédentarité). Alors que les prochaines étapes du cycle s’attacheront à répondre au “comment agir”, ce webinaire avait pour rôle de replacer ces trois dimensions dans la santé publique de manière plus globale et d’appréhender le rôle que peuvent avoir les collectivités sur ces sujets.

 

Ce webinaire s’adressait à l’ensemble des élus et techniciens qui traitent de près ou de loin les questions d’alimentation, d’activités physiques et de sédentarité : maires et adjoints, mission santé et Contrats Locaux de Santé (CLS), Projets Alimentaires de Territoire (PAT), politique de la ville, revitalisation des centres-bourgs, Mission sport et mobilité, etc. 

Ce webinaire a réuni près de 115 participants autour de quatre intervenant(e)s :

  • Lucile Robert, pharmacienne de santé publique au CHU de Bordeaux (33) et co-pilote du centre Polaris
  • Olivier Da Silva, chargé d'études à l'Observatoire Régional de la Santé (ORS) de Nouvelle-Aquitaine
  • Ludovic Rouède, responsable de la mission Santé à la communauté d'agglomération d'Angoulême (16) 
  • Sylvie Vaquero, directrice adjointe à la direction des Sports de la ville d’Anglet (64) .

 

Contexte : un cadre national riche autour des questions d’alimentation et d’activités physiques

La nouvelle Stratégie Nationale pour l’Alimentation, la Nutrition et le Climat a été publiée en février 2026. Pour la première fois à l’échelle de la France, les enjeux d’alimentation, de nutrition, de santé publique, de climat et d’environnement sont traités de manière systémique sous l’approche “une seule santé”  qui vise à optimiser la santé des personnes, des animaux et des écosystèmes. De cette stratégie découlent le nouveau Plan national pour l’alimentation (PNA 4) et le nouveau Programme National Nutrition Santé (PNNS 5), publiés en avril 2026. Avec la Stratégie Nationale Sport Santé (2025-2023), ce sont donc les deux principaux documents stratégiques de référence qui encadrent les objectifs nationaux qui se déclinent ensuite sur les territoires grâce notamment à deux outils de projet : les Contrats Locaux de santé (CLS) et les Projets Alimentaires de Territoire (PAT). Ils remettent également sur le devant de la scène les Chartes PNNS qui constituent un outil pour piloter et valoriser les actions portées par les collectivités en matière de nutrition santé. 

En complément, les questions d'alimentation, d'activité physique et de sédentarité s'imbriquent dans de nombreuses politiques publiques non spécifiques comme Néo Terra, la stratégie régionale au service des transitions, qui déploie notamment le concept d'une Seule Santé.

La place de l’alimentation, de l’activité physique et de la sédentarité dans la santé

La santé humaine est définie par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme « un état de bien-être physique, mental et social complet, et ne consistant pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité » (OMS, 1948). Elle intègre les déterminants sociaux, économiques et environnementaux de la santé.

Ces déterminants de santé désignent tous les facteurs qui influencent l'état de santé des populations. On retrouve donc dans ces déterminants des facteurs individuels (génétique, âge, sexe, habitudes alimentaires, etc.) et des facteurs plus structurels (environnements de travail, d’habitat, accès aux loisirs, etc.).  La santé n’est donc pas uniquement l’affaire du corps médical puisque plus de 80% de notre état de santé se joue en dehors du système de soins

De plus, les comportements individuels sont fortement influencés par l'environnement dans lequel les personnes évoluent. L’action publique a donc ici un fort rôle à jouer pour créer un environnement et des conditions favorables à la bonne santé de tous. Ainsi, comme l’a mentionné Lucille ROBERT, “bien que les villes ou intercommunalités n’aient pas de compétence obligatoire en matière de santé, elles fabriquent de la santé, qu’elles le veuillent ou non”. 

Ainsi, l’adoption d’une alimentation saine et la pratique d’une activité physique régulière sont conditionnées par les environnements. Dès lors, de nombreux services au sein des collectivités sont autant de leviers majeurs pour agir sur les déterminants sociaux et structuraux de la santé. Pour renforcer ce pouvoir d’agir, il convient donc d’adopter une vision et posture transversales au sein de nos territoires pour que toutes les politiques aillent dans le même sens (éducation, jeunesse, sport, urbanisme, etc.).

 

Les enjeux d’alimentation, d’activités physiques et de sédentarité en Nouvelle Aquitaine : un éclairage par l’ORS

Afin d’apporter un réel éclairage aux collectivités territoriales de Nouvelle Aquitaine, l’Agence Régionale de Santé Nouvelle-Aquitaine (ARS N-A) et PQN-A ont commandé une étude sur les enjeux de nutrition (alimentation, activités physiques et sédentarité) qui se jouent sur les territoires, à l’échelle des EPCI. Celle-ci doit permettre d’identifier les territoires où les enjeux sont les plus forts mais aussi de comprendre les axes prioritaires sur lesquels agir sur chaque territoire. 

L’étude de ces enjeux oblige un croisement d’une multitude de facteurs en se basant sur les indicateurs disponibles à une échelle fine. Ces critères se classent en 4 catégories : 

  • État de santé : indicateurs de mortalité ou de prévalence de certaines pathologies en lien potentiel avec l’alimentation et l’activité physique : cancers, maladies cardiovasculaires …)
  • Déterminants de la santé : niveau de pauvreté, présence de Quartiers Politique de la ville, niveau de diplôme, etc.
  • Pratiques sportives, mobilités, actions : nombre de licences sportives, cyclabilité de la voirie, etc.
  • Offre de soins et de prise en charge : présence de médecins généralistes, spécialistes, diététiciens, etc.

 

Carte ORS

Le croisement de ces données aboutit à la construction de cinq classes de territoires, de la situation la plus favorable (en vert foncé) à la situation la moins favorable (en rouge). Les résultats détaillés de cette étude seront disponibles prochainement sur notre site et présentés lors des journées interdépartementales à Bordeaux, Chasseneuil-du-Poitou et Saint Angel.

Ces cinq typologies se caractérisent de la manière suivante : 

  • Classe 1 : indicateurs de santé les plus favorables, forte pratique sportive
  • Classe 2 : territoires urbains, hors Bordeaux Métropole, qui présentent des contrastes, avec une importance de la mobilité active
  • Classe 3 : territoires proches des moyennes régionales, plus difficile à caractériser
  • Classe 4 : indicateurs de santé plus défavorables, territoires majoritairement ruraux avec un niveau de diplôme plus bas 
  • Classe 5 :  indicateurs de santé nettement plus défavorables, avec des déserts médicaux, une offre alimentaire moins complète et une pratique sportive plus faible. 
     

Il convient toutefois de préciser que les territoires considérés comme les plus favorables (classe 1, voire 2) ne sont pas pour autant dépourvus d’enjeux sur les sujets d’alimentation, d’activité physique et de sédentarité. D’une part, parce qu’ils se situent par rapport à une moyenne régionale sur plusieurs typologies d’indicateurs et d’autre part car il existe à l’échelle d’un EPCI des inégalités sociales intra-territoriales.

Comment enclencher le passage à l’action ? Retours d’expériences de territoires engagés

Grand Angoulême : la création d’une mission santé grâce à une saisine citoyenne

La démarche santé portée par la Communauté d’Agglomération du Grand Angoulême provient d’une saisine du conseil de développement par la société civile en 2018 visant à étudier l’offre de soins sur le territoire mais aussi les enjeux de santé environnement. Après la nomination d’une conseillère communautaire chargée du pilotage de ce diagnostic, une présentation des résultats a été réalisée en conseil communautaire. Cette prise de conscience a abouti à la création de la mission santé en 2019 puis au recrutement d’un responsable de cette mission, Ludovic ROUEDE, fin 2019. 

Cette mission est intégrée au pôle cohésion sociale, en lien avec les services Politique de la Ville, Egalité Femmes-Hommes, Habitat, Enfance jeunesse. Concrètement, ces services se réunissent tous les 15 jours afin d’apporter une réelle transversalité dans le montage des projets.

Depuis six ans, plusieurs actions ont pu être menées : pilotage du centre de vaccination lors de la crise Covid, création d’une Maison Sport Santé en 2023, Paniers jeunes pousses.

Paniers Jeunes Pousses : l’ordonnance verte à destination des femmes enceintes

Panier jeunes pousses 2025

C’est lors d’un Congrès national du Réseau Ville santé en 2023 qu’une délégation du Grand Angoulême prend connaissance de l’existence de cette action déployée par la ville de Strasbourg.

Lancée seulement un an plus tard, cette opération permet de distribuer des paniers de légumes bio hebdomadaires aux femmes enceintes volontaires. A travers cette action, Grand Angoulême s'engage à préserver la santé des mamans et de leurs bébés car pour les femmes enceintes, les 1 000 premiers jours (y compris in utero) sont une période clef pour le développement de l'enfant. Cette distribution est conditionnée au fait de participer à des ateliers “Nesting” (sensibilisation à la santé environnement (ex : perturbateurs endocriniens)) et à un cours de cuisine.

Ce projet a pu aboutir grâce à : 

  • Des acteurs territoriaux déjà sensibilisés sur la santé environnement (ex : deux maternités labellisées WECF)
  • Une collaboration étroite avec le service Agriculture et Alimentaire où un gros travail de réseau de maraîchage avait déjà été réalisé 
  • Un comité de pilotage efficace : un élu à la santé et un élu à l’agriculture, deux représentants techniques de maternité, un élu en charge des centres sociaux, le service politique de la ville, le réseau Ville santé, Paysan Charentes Bio et la Maison de l’Agriculture bio. 

Afin de valoriser l’ensemble des actions portées par la communauté d'agglomération du Grand Angoulême en matière d’alimentation et d’activité physique, les élus ont demandé fin 2025 la Charte PNNS auprès de l’ARS Nouvelle Aquitaine.

Ville d’Anglet : la lutte contre la sédentarité des séniors au départ

La démarche santé de la ville d’Anglet a démarré il y a une quinzaine d’années par un projet de création de vacances sportives ayant pour but de lutter contre la sédentarité  et l’isolement des séniors. A la suite, le service sport de la ville s’est rapproché du CCAS pour élargir le public cible de bénéficiaire de cette démarche. La création d’une section sport santé à l’Ominisport (la plus importante association sportive de la ville d'Anglet) a abouti à l’ouverture d’une Maison sport santé en 2022. 

En parallèle, un vrai déclic a eu lieu en 2019 lorsque l’équipe a pu suivre un séminaire sur l’urbanisme favorable à la santé, qui a donné une nouvelle dimension à la question de la sédentarité et de l’aménagement des espaces publics.  Enfin, l’intégration au Réseau Ville Santé et Terre de jeux a également permis d'accélérer la dynamique portée par la ville visant l’activité physique pour tous. 

A travers des expérimentations (ex : chemins de la forme et cours d’école récréative), les élus ont pris conscience petit à petit de l’intérêt du design actif. Aujourd’hui, ces projets sont intégrés au sein de la feuille de route “Mouvement et bien-être environnement”, outil transversal qui rassemble différentes politiques publiques portées par les services de l'éducation, du sport et de la culture, les services de l'urbanisme et des mobilités et de l'aménagement urbain. Les actions sont travaillées en collaboration avec le CLS, les CPTS, le CHU de Bayonne mais aussi le tissu associatif. 
 

Un projet éducatif de territoire au service de l’activité physique et de l'alimentation saine des jeunes

Le projet éducatif de territoire (2023-2027) de la ville d’Anglet englobe des actions tout au long de la scolarité des jeunes, de 3 à 18 ans, sur les temps scolaires, périscolaires et extrascolaires.  

Toutes les écoles d’Anglet participent à ces actions qui se composent des thèmes suivants : 

  • Mieux se connaître : appréhender son schéma corporel et ses capacités
  • Appréhender les interactions sociales par le jeu : jeux duels – d’opposition et collectifs
  • La marche et l’orientation
  • L’apprentissage et l’autonomie à vélo
  • L’aisance aquatique en bassin et en mer
  • Sensibiliser et prévenir autour des risques et favoriser les bonnes pratiques santé, incluant l’alimentation.

Ce projet regroupe les acteurs de l’éducation, de la cohésion sociale, la CAF et les associations du territoire

La prochaine étape pour la ville d’Anglet sera d’accentuer les actions en faveur d’une meilleure alimentation et de viser par la suite la Charte PNNS.
 

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